Investir dans l’immobilier : faut-il s’inquiéter ?!

L’immobilier file-t-il droit dans le mur ? Georges-Louis Bouchez nous répond !

« Si vous êtes un investisseur, surtout, n’investissez pas à Bruxelles, c’est de la folie de le faire » Avec cette punchline très typée GLB, le président du Mouvement Réformateur nous met directement dans l’ambiance. Faut-il comprendre que l’immobilier fonce droit dans le mur ? Il nous répond !

Si le changement de bord politique au fédéral et en Wallonie avait laissé quelques espoirs aux investisseurs immobiliers, ces derniers ont malgré tout pris une petite douche froide : certes, les droits d’enregistrement ont dégringolé en Wallonie, mais ceci ne concerne que l’habitation principale.

Et plus mauvaise nouvelle encore : la déduction des intérêts de l’emprunt hypothécaire d’un bien qui n’est pas le logement principal (vous suivez toujours ?), n’est même plus possible ! Caramba, encore raté ? Georges-Louis Bouchez explique cette évolution : « il n’y avait plus de déductibilité fiscale pour le logement principal, mais bien pour la seconde résidence. Donc c’était bizarre »…

« Les prix ont flambé, c’est la cata ! »

Argument typique de l’opposition : baisser les droits d’enregistrement n’a servi à rien car les prix ont flambé ! Un argument que GLB balaye d’un coup : « Les droits d’enregistrement, on ne peut pas les emprunter, contrairement au capital. Donc non, ce n’est pas un frein à l’achat, au contraire ! » Et puis ça rend ceux qui sont déjà propriétaires plus riches, soit une belle partie de la population, embraye-t-il, avant de relativiser la hausse des coûts : « une hausse de 10 ou 20.000 euros, étalé sur un prêt de 25 ou 30 ans, vous n’en ressentirez pas vraiment les effets ». Calculs faits en interne, pour une hausse de 20.000 euros, cela représente une augmentation d’environ 100 euros par mois, si l’on considère un prêt de 300.000 euros sur 25 ans au taux actuel, soit environ 3,2%.

Bruxelles, ce boxon intégral

A l’heure d’écrire ces lignes, Bruxelles est toujours sans gouvernement et c’est peu dire que l’issue ne semble pas toute proche… Vincent Gérin, professeur à l’ULB et CEO d’Anixton, fait un constat sévère sur la capitale : « il manque 2.000 à 3.000 logements par an pour simplement absorber la croissance démographique à Bruxelles. En outre, de 7.000 à 8.000 personnes arrivent chaque année à Bruxelles ! On rajoute à ça 500.000 personnes en attente d’un logement abordable. Enfin, il faut rénover 300.000 logements à Bruxelles pour atteindre les normes PEB. » Avec des permis d’urbanisme toujours plus lents à être délivrés (coucou, les recours qui n’en finissent pas), comment résoudre ce qui ressemble fort à une équation insoluble ?

Les solutions de GLB pour la capitale ?

« Il faut d’abord former un gouvernement », rappelle le politicien de droite. Force est de constater que l’immobilisme actuel a le don d’énerver notre chroniqueur adoré, Attila Tufekci, expert en achat-revente : « j’ai apporté beaucoup de solutions, mais rien ne bouge », s’énerve-t-il ! Et si Georges-Louis a les pleins pouvoirs, quelles seraient ses décisions ? « Comme en Wallonie, il faut un temps limité pour la procédure de permis. En outre, on a besoin d’une paix fiscale, à savoir,  rassurer l’investisseur qu’il y aura une stabilité fiscale. »

Des logements privés pour les ménages précarisés ?

Et puis, il faudrait évidemment plus de logements : « à ce sujet, je ne crois pas dans le logement public ». Bien, mais on fait quoi, alors ? Le président penche plutôt pour une formule où l’on confierait un maximum aux AIS. Des paroles en l’air ? « En Wallonie, on avance sur ces sujets et vous verrez dans quelques semaines les résultats. L’idée est de mettre les biens publics entre les mains des privés et collaborer pour une remise à neuf. »

Et le PEB obligatoire en 2033 ?

Comment rénover à l’horizon 2033 comme l’exige le gouvernement, alors qu’il n’y a plus de prime ? Pour GLB, l’absence de prime est plutôt logique car l’Etat ne récupère rien sur son investissement, contrairement au propriétaire. En revanche, il annonce travailler sur trois pistes : d’abord, les règles européennes doivent être repoussées, ensuite, c’est aux personnes à prendre l’initiative et enfin, il propose un prêt à taux zéro. Et pour les propriétaires les plus précarisés ? Il se veut rassurant en précisant que quelle que soit la majorité, on ne « touchera pas aux plus précarisés ».

Et donc ?

Pour Bruxelles, on ne va pas se mentir, c’est toujours le grand point d’interrogation en ce qui concerne l’évolution des politiques de logement, en l’absence de gouvernement… En Wallonie, en revanche, GLB a annoncé avancer concrètement sur plusieurs pistes, dont celles-ci sont les principales :

·        Un registre pour les mauvais locataires

·        Un texte de loi pour rendre le permis réputé accepté au bout d’un certain temps

·        Collaborer avec le privé pour lui confier une partie des logements destinés aux personnes précarisées

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