Acheter seul : est-ce encore possible ?
- 9 mars 2026
- 4 min de lecture
Nos astuces pour y arriver !
Acheter seul, une mission utopique si l’on considère le détonant cocktail prix de l’immobilier/taux d’intérêt/conditions d’octroi de crédit ? Les rumeurs de comptoir disent que c’est effectivement impossible… Pourtant, les chiffres et nos experts prouvent le contraire ! Ce nouvel épisode du rendez-vous des proprios est en effet dédié aux personnes seules désireuses d’acquérir un bien : on casse les tabous !
En effet, le nombre de candidats acquéreurs désireux d’acheter seuls ne cesse d’augmenter. Pourquoi ? De l’évolution des modes de vie à la multiplication des familles monoparentales, en passant par les célibataires de carrière, les raisons sont nombreuses !
La réalité des chiffres : l’achat solo est en hausse
Contrairement aux idées reçues, les banques ne ferment pas leurs portes aux célibataires. Au contraire, les statistiques montrent une tendance de fond très claire ! Cédric Maton (expert crédit & stratégie bancaire chez CBC) révèle des chiffres surprenants : « L’année passée, 41 % des crédits hypothécaires qu’on a faits, c’était à des personnes seules». Plus fort encore : ce chiffre est en augmentation : il est passé de 36-37 % à 41 % en seulement deux ans !
En Wallonie, environ 60 % des appartements sont désormais achetés par des « isolés ». Et dans l’immense majorité des cas, les acquéreurs achètent pour y vivre eux-mêmes, et non pour investir ! De quoi tordre le cou à certaines rumeurs ?
Ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre !
Laurent Schmitz, investisseur immobilier, rappelle un élément qui peut sembler évident, mais qu’il est bon de rappeler : les personnes seules achètent des biens adaptés aux personnes seules ! Bien entendu, un célibataire de 25 ans aura du mal à acheter une maison 4 façades avec 5 chambres et 4 salles de bains ; il va plutôt s’orienter vers un studio ou un petit bien ne comptant qu’une chambre.
Bref, à la condition de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre, c’est possible ! Marion Cheffert, investisseuse et experte chez Brico, rappelle également les conditions imposées par la banque, qui exige « une situation professionnelle sécurisée et qui va regarder votre capacité d’emprunt et votre épargne actuelle ».
La démonstration mathématique : est-ce finançable ?
Cédric Maton a réalisé une simulation concrète pour un profil moyen, prouvant que la porte n’est pas fermée.
- Le profil type : un salaire net de 2.200 € avec un apport personnel (fonds propres) de 30.000 €.
- La capacité d’emprunt : sur 25 ans, avec un taux d’environ 4%, cette personne peut aller chercher environ 175.000 € de crédit, ce qui permet de viser un bien aux alentours de 200.000 €.
- Le reste à vivre : la banque laisse généralement 1.200 € à l’emprunteur pour vivre (courses, factures), ce qui permet une mensualité de 1.000 €.
Réunir une épargne de 30.000 € vous semble infaisable ?
Bonne nouvelle, il n’est pas forcément nécessaire d’atteindre ce montant : certaines banques acceptent de nouveau des prêts à 100 %, tandis que l’abattement à Bruxelles et les droits réduits dans les deux autres régions permettent de s’en tirer avec un apport limité à environ 15.000 €, voire moins, rapporte Laurent. Cela vous semble encore trop extrême ? Il y a peut-être alors « une stratégie financière à revoir et une liste de priorités à redresser », rapporte l’investisseur.
Quelques conseils pour finir…
- Le Fonds du Logement ou les prêts sociaux : pour ceux qui ne sont pas finançables par une banque classique, le Fonds du Logement propose des conditions plus souples pour les revenus modestes, avec des financements à 100 %.
- Un prêt avec des mensualités évolutives : comme son nom l’indique, le montant du prêt va évoluer avec les années, ce qui ira de pair avec l’indexation des revenus ou… du loyer dans le cas d’un investissement.
- Un prêt accordéon : il s’agit d’un prêt à taux variable, mais qui influe sur la durée du prêt plutôt que sur le montant.
- Acheter un petit bien permet plus facilement d’obtenir un prêt à 100 %.
- N’y allez pas trop fort pour votre premier investissement : « faites quelque chose de propre, mais ne cherchez pas le grand luxe ! », rapporte Ken. Ce seraient en effet des investissements que vous risquez de ne pas récupérer en cas de revente.
- Discutez avec votre banquier avant tout projet ! Il saura vous aider et vous donner une idée du financement possible, même si vous n’avez pas encore les fonds…