PEB : attention, tous les travaux ne valent pas le coup !
- 26 décembre 2025
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Quels sont les travaux à faire soi-même pour améliorer le PEB ?
Le sacro-saint PEB, soit le certificat de performance énergétique des bâtiments : il est sur toutes les lèvres depuis de nombreuses années déjà ! Un joli score et ce sont des économies d’énergie ainsi qu’une très solide plus-value à la revente. Mais justifie-t-il tous les sacrifices ? Pas forcément. On voit cela dans la dernière vidéo du Rendez-Vous des Proprios !
Un PEB, ça sert à quoi ?
Alexandre Fares, certificateur PEB, nous explique le principe : « Il va analyser la performance énergétique du bâtiment en prenant en compte différents facteurs techniques [isolation, type de chauffage, ventilation, panneaux solaires…]. Il va permettre de savoir si l’habitation est énergivore, avec un classement par lettres allant de A à G, G étant la plus mauvaise. »
Eric Spitzer, CEO d’Immovlan, précise en outre que cela « a un fort impact sur le prix : on parle d’une différence de 15 à 20 % par rapport à un autre bien ! ».
Rappelons qu’il est obligatoire lors de la revente ou de la mise en location, mais pas pour les propriétaires occupants. Atilla Tufekci, expert en achat-revente, nuance toutefois « qu’il sera obligatoire pour ces derniers, à Bruxelles, à partir de 2031 ». Toujours dans la capitale, le PEB E sera considéré comme un minimum en 2033, même s’il y a de fortes probabilités que cet objectif soit tout bonnement impossible à atteindre, pour des raisons financières, mais aussi de « disponibilité des corps de métier », précise Eric Spitzer.
Bon, faut-il rénover alors ?
Vu qu’il est obligatoire lors de la revente et que les passoires énergétiques subissent une forte décote, faut-il forcément rénover son bien ? Eric se veut nuancé : « Moi, je déconseille de faire des travaux qui vont prendre beaucoup de temps et coûter plus cher que la plus-value engendrée. » « S’il s’agit de petites optimisations, bien sûr, ce serait bête de ne pas les faire », tempère toutefois le boss d’Immovlan.
Et justement, quelles sont ces petites optimisations ?
Avant toute chose, Alexandre rappelle utilement qu’un certificateur va principalement s’attarder sur « l’enveloppe du bâtiment, à savoir les façades, le toit et le sol ». Comprenez que les châssis et l’isolation de la toiture sont de première importance. Mais attention : encore faut-il que le propriétaire soit en mesure de prouver la présence de l’isolation. « Prenez donc un maximum de photos lors de la pose de l’isolant et conservez les factures », indique Alexandre.
Et des solutions meilleur marché, comme :
Un thermostat ?
« Pour gagner quelques petits points, oui, c’est toujours bon à prendre, mais cela ne va pas radicalement transformer le certificat », rappelle Alexandre. « Et encore faut-il l’installer au bon endroit et y ajouter des vannes thermostatiques », ajoute Eric.
Un boudin pour isoler les canalisations de chauffage ?
« Oui, uniquement si la chaudière n’est pas située dans un volume chauffé, car cela permet de limiter les déperditions de chaleur. » En plus, cela ne coûte vraiment pas grand-chose et c’est facile à mettre en place !
Des mousses polyuréthane pour combler les trous dans l’isolation ?
Pour Alexandre, le produit est bon, « mais si c’est juste pour boucher un trou, cela ne changera rien au PEB ». Dans le même esprit, « les feuilles d’aluminium placées derrière les radiateurs aident aussi », précise utilement Atilla.
Un extracteur d’humidité dans la salle de bain ?
« Là, on va gagner en confort de vie. Mais si l’on veut gagner des points, il faudra amener de l’air frais dans les pièces sèches comme les chambres ou le séjour. »
Le « confort de vie » : le mot est lâché ! En effet, toutes ces petites améliorations (et bien d’autres comme le boudin de porte, les rideaux thermiques…) vont rendre votre chez-vous plus agréable, mais pas plus percutant sur le plan du PEB !
Le conseil du pro ?
Payer un certificateur pour réaliser une simulation, conseille Atilla, et « lui demander quelles modifications peuvent être apportées pour améliorer significativement le label ». Ce qui est important, c’est surtout « l’épaisseur de l’isolant mis en place », indique-t-il. « Bien plus que les panneaux solaires », ajoute Eric.
En conclusion, oui, de petits travaux peuvent améliorer subtilement le PEB, mais ils auront surtout un impact sur le confort et probablement aussi sur les finances. Pour un progrès réellement significatif, il faudra en revanche consentir à des investissements plus importants.